Qu'est-ce qu'une ligamentoplastie ?
La ligamentoplastie est l'intervention qui reconstruit le ligament croisé antérieur (LCA) lorsqu'il est rompu. Le ligament rompu ne pouvant pas cicatriser solidement, il n'est pas réparé mais remplacé par une greffe de tendon prélevée sur le patient lui-même, appelée autogreffe.
Cette greffe est mise en place à l'emplacement du ligament d'origine, entre le fémur et le tibia, et fixée dans l'os. Elle se transforme progressivement en un nouveau ligament au cours des mois qui suivent, ce qui explique la durée de la rééducation.
L'objectif est de redonner au genou sa stabilité dans les mouvements de pivot, de permettre la reprise des activités et de protéger le ménisque et le cartilage des dérobements répétés.
Dans quels cas peut-elle être envisagée ?
La ligamentoplastie n'est pas systématique après une rupture du LCA. Elle est discutée en fonction de votre âge, de votre activité sportive et professionnelle, de la stabilité de votre genou et des lésions associées.
- —Patient pratiquant des sports de pivot (football, ski, sports collectifs, sports de combat) et souhaitant les reprendre
- —Instabilité du genou persistante dans la vie quotidienne malgré une rééducation bien conduite
- —Lésion associée du ménisque réparable, traitée dans le même temps opératoire
- —Métier exposé, nécessitant un genou stable en terrain irrégulier ou en charge
L'indication est individuelle et posée en consultation après examen clinique et IRM. La rupture du LCA, ses symptômes et les alternatives non chirurgicales sont présentés sur la page consacrée à la pathologie.
Rupture du LCA : symptômes, diagnostic et traitementsQuelles techniques sont utilisées ?
Les chirurgiens du Centre Orthopédique du Pays d'Aix réalisent la ligamentoplastie sous arthroscopie, avec une greffe prélevée sur les tendons ischio-jambiers : la technique dite DIDT (demi-tendineux et droit interne). Ces deux tendons, situés à l'arrière de la cuisse, sont prélevés par une courte incision en haut du tibia, puis préparés pour former un greffon solide.
L'intervention est entièrement arthroscopique. Le greffon est introduit dans des tunnels osseux forés dans le tibia et le fémur, à l'emplacement du ligament d'origine, puis fixé par des vis biorésorbables.
Le prélèvement des ischio-jambiers laisse une cicatrice réduite et n'entrave pas durablement la fonction du genou, ces tendons étant compensés par les autres muscles de la cuisse. D'autres types de greffes existent ; le choix de la technique est expliqué en consultation.
Comment se déroule l'intervention ?
L'opération est précédée d'une consultation d'anesthésie et, le plus souvent, d'une période de rééducation préopératoire pour retrouver un genou mobile, peu gonflé et musclé. Elle a lieu à la Clinique Axium, à Aix-en-Provence, sous anesthésie générale ou locorégionale selon l'avis de l'anesthésiste.
Le chirurgien prélève d'abord les tendons ischio-jambiers, puis réalise l'arthroscopie par deux à trois petites incisions. Il explore l'articulation, traite une éventuelle lésion méniscale associée, fore les tunnels osseux, met en place le greffon et le fixe. Un pansement et, selon les cas, une attelle sont posés en fin d'intervention.
La durée d'hospitalisation est définie avec votre chirurgien en fonction du geste réalisé et de votre situation. La marche avec béquilles débute rapidement, avec un appui adapté aux gestes associés.
Rééducation et reprise du sport
La rééducation commence dès le lendemain de l'intervention et constitue une part essentielle du résultat. Elle vise d'abord à contrôler la douleur et le gonflement, à récupérer l'extension puis la flexion du genou et à réveiller le quadriceps. Elle se poursuit ensuite par un renforcement musculaire progressif et un travail de la stabilité et de la proprioception.
La reprise des activités se fait par étapes : marche sans béquilles, vélo, puis course en ligne droite, avant les exercices de pivot. La reprise des sports de pivot est envisagée vers six à neuf mois, sous réserve de critères fonctionnels validés par le chirurgien et le kinésithérapeute : force symétrique, stabilité, absence de douleur et d'épanchement.
Comme toute chirurgie, la ligamentoplastie comporte des risques, rares mais à connaître : infection, phlébite, raideur, douleurs au site de prélèvement, nouvelle rupture de la greffe en cas de reprise trop précoce ou de nouveau traumatisme. Ils sont détaillés en consultation.
Ces repères sont des ordres de grandeur. Le calendrier de reprise est propre à chaque patient et se décide lors des consultations de contrôle, en fonction de la récupération réelle du genou et non d'une date fixe.
L'arthroscopie du genou, en pratique